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Archiv der Kategorie: Venedig

Sämtliche literarischen Arbeiten zum Thema „Venedig“

Extrait de «La barque de Charon»

Extrait de «La barque de Charon»

En vue de la publication de la traduction française de mon livre «La barque de Charon», voici un extrait du début de l’histoire.

Tito et Anja mènent une relation maudite: très intime, Anja est pourtant encore en relation avec Jacopo. Après un incident inattendu, ils se retrouvent à Venise et Tito doit se poser la question: qu’est-ce que je dois faire maintenant?

Lorsqu’Anja me fit part son envie de fuir, je sus tout de suite où nous mènerait le voyage. D’une part, Venise est un bon choix d’un point de vue géographique, car de Trévise, on peut s’y rendre très rapidement en bus, mais d’autre part, le caractère de la ville correspond exactement à ce qu’il nous faut maintenant.

Venise est une ville silencieuse qui flotte sur les eaux en se recueillant tel un moine bouddhiste en profonde méditation. Même si ces derniers temps, elle a été de plus en plus contrainte par la fébrilité de notre siècle, cette ville est en vérité tout l’opposé de notre société actuelle. Lorsqu’on est à Venise, il faut prendre le temps, s’imprégner de l’atmosphère de la ville, apprendre à la connaître et gagner sa confiance. La lenteur n’y est pas un vice, mais une qualité et la véritable essence de ce lieu ne se que comprend que si on est prêt à marquer un temps d’arrêt sans se soucier du temps qui passe.

Venise est également une ville qui peut révéler des choses enfouies, car on peut se perdre dans ses innombrables ruelles, mais aussi en soi-même. Quiconque voyage à Venise et qui parvient à voir la Serenissima autrement qu’avec les yeux d’un touriste en partira plus riche. C’est une ville magnifiquement redoutable qui séduit tout en révélant le visage de quelqu’un que vous pensiez perdu depuis longtemps dans l’éclat trouble de la lagune.

Si je sais tout cela, c’est parce que c’est ainsi que j’ai ressenti la ville lors de ma première visite. À l’époque, j’y avais passé une semaine avec mes parents une semaine avant mon bac et c’est à Venise que j’ai su que je ne voulais pas faire d’études. C’est ici que je suis définitivement tombé sous l’emprise des rêves et que j’ai compris que je préférais être qu’avoir. En ne se définissant qu’à travers ce que l’on possède, on rattache toute sa personnalité à la chose la plus éphémère qui soit : la matérialité. Depuis la nuit des temps, ce sont les principes et les idéaux qui ont formé les hommes, non pas la mode ni les richesses qui viennent et qui vont. En se tournant sans cesse vers les dernières tendances, on n’est plus qu’une enveloppe vide qui change régulièrement d’apparence après quelques années. L’éclat des apparences est criblé de trous et n’offre aucune protection en temps de crise. Ce n’est que sur les solides fondements de principes inébranlables qu’on peut surmonter les époques mouvementées. À l’époque, j’étais revenu de Venise avec cette vérité, elle a fait de moi l’homme qu’Anja apprécie autant. Où donc fuir, sinon dans la ville de lagune ?

À bord du vaporetto qui nous conduit à Venise, je surprends un sourire sur le visage d’Anja pour la première fois depuis notre départ. Ce n’est pas un sourire d’euphorie, ni une joie dans l’élan du moment, mais un sourire calme qui puise son bonheur d’une paisible satisfaction à l’idée de ce qui va suivre.

— Le temps est magnifique aujourd’hui, tu ne trouves pas ?

Ce sont les premiers mots d’Anja depuis notre départ.

— Il fait étonnement beau pour début janvier. Je crois que nous pourrons passer un bon moment ici.

Anja acquiesce et me regarde. Ces yeux marron me consolent de ce sombre sentiment qui m’avait oppressé ces dernières semaines. Son regard a quelque chose de chaleureux et donne le sentiment d’être bienvenu et en sécurité.

— C’est bien que nous ayons du temps qui nous soit réservé à tous les deux, dit Anja tandis que le vent vénitien donne à ces cheveux cette note sauvage si belle et naturelle qui émane de son style et que j’ai toujours appréciée depuis que je la connais. Nous recommençons à parler comme nous le faisions avant qu’Anja ne se remette avec son petit ami et l’espace d’un instant, je suis presque persuadé que nous sommes les seules personnes sur ce vaporetto.

Rien de tout ce qui a pu me préoccuper un jour ne semble réel, ni la mort de mon père, ni la dépression qui s’ensuivit, ni le risque d’être au chômage, puisque j’avais entamé ce voyage sans en parler à monsieur Malnate. Anja réussit à me faire oublier tout ça, elle m’apporte ce que je pensais avoir perdu à jamais plusieurs années auparavant, mais en mieux. Cet état, plus serein et, j’ignore pourquoi, en même temps plus extatique que n’importe quel autre enivrement des sens, est déclenché par sa présence ici, avec moi. Comme pour les autres drogues, je reconnais le danger de devenir accro.

Nous accostons au sestiere San Marco. Toujours plongés dans notre conversation, nous flânons dans les ruelles en suivant les flèches en direction de la Piazza San Marco. Je sens que nous évitons tous deux sciemment de parler de la raison de notre visite de la Serenissima et je pense que nous aurons plus d’une occasion de le faire dans les prochains jours.

Peu de temps après, la place Saint-Marc s’étale sous nos yeux. Bien que je l’aie déjà vu, je suis complètement subjugué à sa vue. À notre droite, la place avance étonnamment loin dans l’espace et à y regarder de plus près, on reconnaît qu’elle se termine en pointe. Sur notre gauche, par contre, se trouve l’élément central de la piazza, voire de toute la ville : la basilique Saint-Marc, tout droit sortie d’un conte de fées ! Anja est séduite et je dois lui promettre que nous visiterons la basilique dès demain. Je le lui promets et tandis qu’elle est occupée à prendre des photos, je parcours la place du regard. Comme il fallait s’y attendre, une foule de touristes grouille sur la place, surtout des groupes asiatiques en voyages organisés, même s’il faut reconnaître qu’en ce début de janvier, il y a encore relativement peu de touristes dans la ville.

Je continue à laisser errer mes yeux, ils se posent soudain sur la terrasse du célèbre Caffè Florian. Un des clients regarde fixement dans ma direction et bien que ce soit plutôt improbable que de toutes les personnes présentes sur cette place, ce soit moi qu’il fixe des yeux, j’ai malgré tout l’impression qu’il m’observe.

C’est un homme d’âge moyen, il n’est pas particulièrement grand, mais pas inhabituellement petit non plus, il a les cheveux bruns et il est rasé. Ses cheveux sont peignés en arrière, très grisonnants sur les tempes, et laissent apparaître un front haut couvert de cicatrices. Sa grosse bouche se voit beaucoup, car elle détone au milieu des joues maigres. Il porte une veste bleu marine et une chemise blanche ainsi que des lunettes dorées aux verres sans monture, qui semblent étrangement encastrées sur l’arête de son nez, ce qui rend son regard perçant, tout en lui conférant à l’extrême l’allure caricaturale d’un écrivain extravagant. Devant lui, il a un verre de jus rouge, c’est du moins ce que je distingue de loin, ainsi qu’un petit livre posé à côté. Pour une raison que j’ignore, cet inconnu me dit quelque chose.

— Tu as vu quelqu’un que tu connais ?

La question d’Anja me tire de mes réflexions. Je souris et réponds en faisant diversion :

— Non, je me demandais juste pourquoi il y a toujours autant de gens qui vont au Caffè Florian, alors que tout le monde sait que ses prix sont exubérants.

Anja rit de ma blague improvisée et nous continuons à marcher nonchalamment jusqu’à l’hôtel.

L‘hôtel Melagrana n’est pas à 200 mètres de la place Saint-Marc. C’est un hôtel classique avec de hautes colonnes en marbres et des parquets accueillants à la réception et au bar. Camillo, le réceptionniste nous salue avec une joie presque excessive et nous attribue nos chambres. Il m’est d’emblée sympathique et j’imagine que je pourrais avoir avec lui quelques discussions très intéressantes. Nos clés sont ornées d’un pendentif en forme d’hippocampe, ce qui réjouit particulièrement Anja, mais je dois reconnaître qu’il possède un charme qui lui est propre. Nos deux chambres sont au premier étage, l’une à côté de l’autre. Nous décidons de rester à l’hôtel pour le dîner et nous donnons rendez-vous à sept heures et demie devant le restaurant.

Une fois dans ma chambre, je commence par me féliciter en mon for intérieur d’avoir choisi cet hôtel. Il correspond exactement à mes goûts, les chambres elles aussi sont aménagées dans un style classique, avec un parquet au sol et des meubles anciens. Au-dessus du lit se trouve une copie de « La Chute d’Icare » de Pieter Bruegel, d’assez bonne qualité en plus. Peut-être s’agit-il même de celle du Musée des Beaux-Arts, qui sait ?

À ma grande joie, je trouve un petit bureau dans ma chambre, sur lequel je dépose derechef les livres que j’ai sélectionnés à la va-vite pour ma lecture du soir dans la hâte du départ. En rangeant ma valise dans l’armoire qui s’avère à ma grande surprise être un dressing-room, mes pensées se tournent de nouveau vers Anja. Les événements se sont tellement bousculés ces dernières heures en s’abattant sur nous presque comme une transe, de sorte que je n’ai pas encore eu l’opportunité de me rendre compte de ce qui se passe exactement. Alors que je me demande si j’ai emporté un seul produit d’hygiène corporelle, ma situation m’apparaît soudain très clairement : je suis à Venise avec Anja, qui est toujours avec Jacopo.

Qu’est-ce que j’attends exactement de ce voyage ? Est-ce que je cherche à gagner Anja pour moi, à la convaincre de quitter son petit ami et de se décider pour moi parce que je serais mieux pour elle ? Ou est-ce que je veux simplement me conduire en ami en aidant une personne dans un moment difficile sans lui compliquer encore plus la vie en exigeant qu’elle prenne une décision ? Il y a de fortes chances qu’Anja se doute au moins de mes sentiments envers elle, mais cela ne me dit toujours pas ce qu’elle ressent elle. En plus, j’ignore totalement la raison de sa dispute avec Jacopo.

Il y a tant de questions sans réponse et à ma grande surprise, je me rends soudain compte que je ne suis même pas sûr de ce que je viens chercher ici exactement. N’importe quoi, bien sûr que je sais ce que je veux. Je suis fou d’Anja et fermement convaincu que je suis l’homme qu’il lui faut. Mais si Anja ne voyait pas les choses de la même manière ? Est-ce que ça ne serait pas horriblement injuste de vouloir la séparer de son ami ? Ne devrais-je pas plutôt essayer de l’aider à surmonter cette dispute ? Je ne suis pas à même de répondre à une seule de ces questions, mais peut-être qu’il n’est pas nécessaire de connaître les réponses dès le premier soir.

Chi va piano va sano e chi va sano va lontano.*

C’était le dicton préféré de mon père. Il m’a appris très tôt à être patient, une qualité qui ne semble plus être très répandue aujourd’hui. Mais il avait raison. Chaque chose en son temps. Aujourd’hui, je me contente, je le crois du moins, de choisir un plat principal pour le dîner.

*Rien ne sert de courir, il faut partir à point, ou littéralement : qui va doucement, va sainement, et qui va sainement va loin. [N.d.T.]

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Verfasst von - 3. Juni 2018 in Literatur, Venedig

 

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Venezianischer Sonnenaufgang

Venezianischer Sonnenaufgang

„Langsam steigt die aufgehende Sonne empor, ganz als ob sie nach der dunklen Nacht wieder ihren rechtmäßigen Platz im azurnen Himmelszelt einnehmen wolle, und taucht die impressionistische Morgenlandschaft Venedigs in ein blutrotes Licht.“

Zitat aus „Charons Barke“

Zur Feier der baldigen Veröffentlichung von Toms Novelle „Charons Barke“, möchte ich heute ein Gedicht mit euch teilen, das ich während einer Venedigreise geschrieben habe, die maßgeblich zur Inspiration dieser Novelle beigetrgagen hat. Der Sonnenaufgang, der das Cover der Novelle ziert, nimmt einen besonderen Platz in dieser Reise ein und somit erscheint er mir als passender Beitrag, um das Erscheinen von Toms erster Novelle zu zelebrieren.

 

Venezianischer Sonnenaufgang

 

Von blau ein blasser Hauch,

noch in fahle Farbe getaucht,

dies sind der Bühne Kulissen,

von einem roten Vorhang umrissen.




Ein silberner Schleier von Schlaf

hält die Stadt noch umarmt

und ein kleines Publikum allein

kostet des Morgen süßen Wein.




Einzelne Strahlen schickt sie voraus,

die durch des Vorhang weiße Falten

Zutritt zur weiten Welt erhalten,

doch zögert sie ihren Auftritt hinaus.




Immer kräftiger werden die Farben

als der Vorhang sich zieht zurück

und das stille Bild das sie malen,

ist in morgendliche Schönheit gerückt.




Als die Sonne feierlich die Bühne betritt

wird ein schwankendes Orchester ihr gewährt

durch der Gondeln plätscherndes Konzert

und von Säulen empfangen ihr Auftritt.




Noch ist die Bühne des Himmels Eigentum,

doch als die Stadt aus dem Schlaf erwacht,

wird das Schauspiel des Lebens neu entfacht.

Die Bühne gehört nun dem Publikum.

 

Sophie Modert 2016

 

 

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„Charons Barke“: meine erste Novelle

Es ist mir heute eine große Freude, euch die Veröffentlichung meiner ersten Novelle anzukündigen !

Charons Barke erzählt die Geschichte von Tito Monteiro Rossi, einem jungen Italiener, der sich als bekennender Träumer in der scheinbar von Idealen befreiten Welt des 21. Jahrhunderts verloren fühlt. Als er jedoch Anja Reihl-Kir kennenlernt, eine Jüdin aus Kroatien, die in den 90er Jahren vor den jugoslawischen Separationskriegen nach Italien geflohen ist, scheint ihm das letzte große Ideal der Menschheit plötzlich zum Greifen nah. Die Novelle begleitet die zwei Suchenden während ihrer gemeinsamen Reise nach Venedig.

Charons Barke erscheint am 5. März 2018 als Paperback (7,99 €) und ebook (5,99 €). Ich werde das Buch während einer Lesung am 24. März im Kulturcafé in Grevenmacher präsentieren, wo ihr euch auch sehr gerne eure Exemplare von mir signieren lassen könnt.

Über die nächsten Wochen werde ich euch auf meiner Facebook-Seite in regelmäßigen Abschnitten kleinere Einblicke in das Buch gewähren, schaut also ruhig immer mal wieder dort vorbei.

 
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Verfasst von - 5. Januar 2018 in Literatur, Venedig

 

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«Je me souviens des jours anciens…»

Il y a exactement une année, j’ai visité cette ville, cette perle noire, qui m’influence encore aujourd’hui: Venise. Voici un poème, disant in memoriam:

 

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Das Sonntagssonett #6

Bereits in meinem Reisebericht über Venedig habe ich die besondere Schönheit des Sonnenaufgangs erwähnt. Heute möchte ich euch dann auch einen etwas lyrischeren Blick auf diesen ganz besonderen Moment bieten:

 

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Venezia lirica

Vendig in Bildern funktioniert eigentlich nicht ohne Venedig in Versen. Von dieser Stadt geht eine so starke lyrische Aura aus, dass sie einen Dichter so bald nicht mehr loslässt. Heute präsentiere ich euch eine Kombination von 2 Künsten: der Photographie und der Lyrik.


  
  
  
  

Photo Credit: Catherine Thines

 

Al cuore non si comandi! (Erzählung)

Al cuore non si comandi! (Erzählung)

„Nella vita, se uno vuol capire, capire sul serio, come stanno le cose di questo mondo, deve morire almeno una volta”

„Wer im Leben verstehen will, wirklich verstehen will, wie diese Welt funktioniert, muss mindestens einmal sterben”

aus Giorgio Bassanis „Il giardino dei Finzi-Contini”

Al cuore non si comandi!

Giacomo Visconti wartete. Die kalte Lagune floss langsam zu einem unbestimmten Ziel während er nach dem Vaporetto Ausschau hielt. Er liebte es zu warten. Wenn man auf etwas wartet, besitzt man eine ganz besondere Art der Freiheit. Viele Menschen warten nicht besonders gerne, doch Giacomo Visconti genoss diese Momente während denen er nichts Anderes tun musste als warten. Es waren Augenblicke wie dieser, während denen sich der noch junge Venezianer der Schönheit seiner Stadt bewusst wurde. Venedig hatte nichts von dem leicht bedrohlichen Charakter welcher viele andere Städte begleitete. Die Serenissima schwebte über dem Wasser wie ein Asket in tiefster Meditation und ließ sich nicht aus der Ruhe bringen. Über der Stadt lag eine schwer zu erfassende Ruhe, die sämtliche Bewohner zu erfassen schien. In Venedig rasten keine Metallkisten mit stinkenden Verbrennungsmotoren über harte Straßen. Dies war die Stadt der Gondeln und Vaporettos, die sich geschmeidig über die Wasserstraßen bewegten. Es war auch die Stadt der schweigsam lächelnden Venezianer, welche tagtäglich wie Ameisen über die tausend Brücken und Gassen ihrer geheimnisvollen Stadt huschten. Aus all diesen Gründen war das Warten auf den gewünschten Wasserbus eine der vielen willkommenen Denkpausen, welche Venedig einem bot. In Ruhe konnte man über die wirklich wichtigen Dinge im Leben nachdenken, welche im Alltag nur all zu gerne untergehen. Für Giacomo Visconti hingegen gab es sowieso nur einen Gedanken der seinen Geist beherrschte. Dieser Gedanke hörte auf den Namen Sara Menken. Sie wohnte im Haus gegenüber und war Giacomos liebste Person in ganz Venedig. Sie kannten sich bereits länger, ein langer und vor allem beschwipster Abend während des alljährlichen Carnevale hatte sie einander bekannt gemacht, und seitdem trafen sie sich regelmäßig. Ihre Gespräche, oft und gerne am äußeren Rand der San Marco geführt, waren sehr persönlich und doch auch mit einer Leichtigkeit geführt als würde man sich über das Wetter unterhalten. Nichts war gezwungen, nichts war gestellt, Saras Gegenwart erst schien Giacomos Leben seinen Wert zu geben. Doch selbst wenn sie nicht bei ihm war, konnte Giacomo an nichts anderes denken. Ihr galt sein erster Gedanke morgens beim Aufstehen genau so wie sein letzter Gedanke vor der Nachtruhe. Waren sie verabredet, so war ihr Treffen Quelle von kindlich-aufgespielter Vorfreude davor und melancholisch-sehnsuchtsvoller Erinnerung danach. Giacomo fühlte sich ihr so verbunden, dass er selbst ihre Gefühle bis ins absolute Extrem teilte. So kam es denn nicht selten vor, dass wenn Sara traurig war, Giacomo in eine tiefe Depression verfiel, selbst wenn es ihm selbst nicht besser gehen konnte. Genau so war aber auch ein einziges Lachen Saras genug um Giacomo von Grund auf glücklich zu machen. Die Beziehung zwischen Giacomo Visconti und Sara Menken suchte zweifellos ihresgleichen, doch ein Paar waren die Beiden nicht. Ein Umstand, der den verliebten Italiener jeden Tag heimsuchte, doch eine Änderung in naher Zukunft schien unmöglich. Eigentlich war es nur ein Detail, doch dieser einzige Mangel war genug um Giacomo in den Wahnsinn zu treiben. Wahre Einsamkeit kennt nur, wer unerfüllt geliebt hat. Die Liebe ist in dieser Hinsicht eine sehr ambivalente Kraft, gleichzeitig der Ursprung des höchsten und reinsten Glücks und doch auch sadistische Peinigerin der unglücklich Verliebten. Giacomi Visconti war ein Gefühlsmensch und als solcher ihren willkürlichen Launen noch verwundbarer augesetzt. Diese Stagnation war für ihn umso schlimmer, weil sie in heftigstem Widerstand zur Ungezwungenheit seiner Beziehung zu Sara stand. Der innere Sog aus primitiver Wut und Verzweiflung verzehrte täglich seine Kräfte und Giacomo Visconti fürchtete den Tag, den Moment an dem er schlussendlich nachgeben würde. Er dachte oft daran, dass vor einigen Jahren alles noch um einiges einfacher gewesen wäre, doch seit sich der Duce vom deutschen Hampelmann die Rassengesetze hat aufschwatzen lassen, waren Giacomos Hoffnungen endgültig ins Reich der Träume verbannt. Man stelle sich nur einmal vor, der Sohn des fanatischsten Faschisten Venedigs zusammen mit einer Jüdin…

Der eintreffende Vaporetto riss Giacomo aus seinen Gedanken. Einmal an Bord, stellte er mit Bedauern fest, dass draußen leider kein Platz mehr war. Giacomo liebte es, den Fahrtwind im Gesicht zu spüren während der Vaporetto wie ein eiserner Moses das Wasser der pastellgrünen Lagune teilte. Wie oft hatte er schon mit Sara an Deck eines Vaporetto gestanden und mit aufmerksamen Ohren ihren Geschichten gelauscht. Es war eine ihrer gemeinsamen Angewohnheiten, in einen beliebigen Vaporetto zu steigen unwissend wohin er sie bringen würde. Giacomo genoss diese Ausflüge, sie hatten etwas sehr Verbindendes, war es doch im Grunde gleich wo sie ankamen, was zählte war, dass sie den Weg zusammen antraten. Inzwischen wurde Giacomo von einem älteren Herrn relativ forsch zum weitergehen gedrängt und so trat er resigniert aber in voller Akzeptanz der Umstände den Gang ins Innere an. Es war schließlich nicht der letzte Vaporetto den er nehmen würde. Ein einziger Platz war noch frei, neben einer etwas distanziert wirkenden älteren Dame, welche sich scheinbar alle Mühe gab, ihn zu ignorieren. Kaum hatte der Vaporetto Fahrt aufgenommen fiel Giacomo etwas ins Auge. Es war ein Zettel, geklebt auf die Rückseite des Sitzes vor ihm. Auf dem Zettel stand in etwas unleserlicher Schrift ein einzelner Satz:

Al cuore non si comandi!

Dem Herzen befiehlt man nicht. Warum der Autor dieses kurzen Ausrufes das Bedürfnis verspürte, seine Aussage gerade auf der Rückseite dieses einen Sitzes in einem beliebigen Vaporetto in Venedig anzubringen, war Giacomo nicht wirklich klar. Zwar war man vom Vandalismus im öffentlichen Transport Schlimmeres gewohnt, doch etwas rebellisch wirkte dieses Notizblatt nichts desto trotz. Normalerweise beachtete Giacomo diese Kritzeleien überhaupt nicht, doch diese Aussage wirkte wie eine magische Beschwörungsformel auf ihn. Sie hatte etwas Verbotenes an sich und Giacomo ertappte sich selber dabei wie er sich misstrauisch umsah, besorgt, dass ihn jemand beim Lesen beobachten könnte. Er war nicht gerade ein großer Leser, doch glaubte er nun zu wissen, was Sara meinte wenn sie ihm von der Wirkung der Lyrik sprach. Diese Worte, so simpel sie auch waren, brannten sich ihm in seine Augen, drangen direkt in sein Herz ein. Nichts schien ihm je klarer ausgedrückt, noch nie fühlte er sich von geschriebenen Worten so persönlich angesprochen. Hier saß er nun, in diesem x-beliebigen Vaporetto auf einem kalten Sitz und las auf einem aufklebten Notizzettel die grundsätzlichste aller Wahrheiten. Giacomo war sich von einem Moment auf den anderen bewusst, dass er die Lösung seines Leidens eigentlich die ganze Zeit vor Augen hatte. Warum sollte er seinem Herzen noch länger das verweigern, was es schon so lange von ihm fordert? Wer hat schon das Recht dem Herzen zu befehlen? Weder der Duce, noch sein Vater und schon gar nicht er selbst. Doch was würden die Anderen von ihm denken? Schlimmer noch, was würden sie von Sara denken? Wie er seinen Vater kennt, würde dieser es fertig bringen sie für seine Entscheidung verantwortlich zu machen, selbst wenn dies vollkommen absurd war. Sicher würde ihm irgendeine verdrehte Argumentation einfallen, welche die „dreckige Jüdin” für seinen Verrat verantwortlich machen würde. Giacomo wiederholte die heilige Botschaft noch einige Male in seinem Kopf. Er war nun fest entschlossen, noch heute sollte er es tun. Viel zu lange schon hatte er es hinausgezögert, längst hätte er erkennen müssen, dass dies die einzige Möglichkeit war. Weder der Staat noch die Gesellschaft sollten ihm weiterhin sein Leben diktieren. Er würde sich rebellieren, ein Zeichen setzen. Auf seine Art und Weise, im Namen seines Herzens und seines Gefühls. Die Anderen würden schon verstehen. Selbst wenn sie es nicht täten, er wusste jetzt wenigstens etwas was sie nicht wussten:

Al cuore non si comandi!

Der Vaporetto hielt an seiner Endstation. Mit katatonisch entschlossenem Blick schritt der Liebende von Bord. Ein Gefühl breitete sich in seiner Brust aus welches eigentlich nur Glück sein konnte. Giacomo Visconti stand, einer römischen Plastik gleich, am Rand des großen Kanals. Seine olivgrünen Augen streiften die Kulissen der geliebten Stadt. Venedig, du wunderschöne Sklavin deines eigenen Verfalls! Niemanden lässt du unberührt, in deinem geheimnisvollen Schoß führst du jeden zur Selbsterkenntnis. Mit einem zufriedenen Lächeln nickte er die Szene ab. In der Tat, heute war ein schöner Tag um sich das Leben zu nehmen.

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Copyright 2016 Vito Volpe

 
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Verfasst von - 7. Februar 2016 in Literatur, Venedig

 

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