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Chênes et veaux d’or

Un homme est assis sur un banc au long d’un fleuve. Il porte des vêtements déchirés, ses souliers ne couvrent presque plus ses pieds marqués par une vie dure et inexorable. Pendant que cet homme regarde le fleuve, un deuxième homme s’approche de lui. Ce deuxième homme est revêtu d’un costume, il a une coiffure impressionnante et il a en général un comportement propriétaire. Il remarque l’homme fatigué sur le banc et veut déjà continuer son chemin lorsqu’il se retourne soudainement et s’assied sur le banc.

„Excusez-moi Monsieur, mais est-ce qu’il se pourrait que vous n’ayez pas beaucoup d’argent?“

Le pauvre ne le regarde pas mais continue de fixer d’un regard calme le fleuve:

„Il se peut. Pourquoi ça vous intéresse?“

„Voyez Monsieur, pendant les dernières semaines j’ai rencontré beaucoup d’hommes comme vous et je ne pouvais pas arrêter à réfléchir. Vous devez savoir Monsieur, je n’ai pas mal d’argent. J’avais toujours eu de l’argent, je viens d’une famille riche et je suis le manager d’une très jeune entreprise qui est déjà très prospère. Vous devez quand même avouer que c’est mieux d’être riche que pauvre! Mais en plus Monsieur, vous devez savoir que je ne suis pas un égoïste. J’utilise mon immense fortune et mon influence, mes relations pour aider des gens comme vous! Ce sont en effet les riches qui créent des travaux, vous savez? Écoutez, je vois tous les jours des gens comme vous qui se courbent sous le poids de leur vie dure, mais je veux que vous n’ayez pas de fausse image des gens comme moi: C’est nous les chênes qui vous protègent contre les tempêtes économiques.“

Le pauvre ne le regarde toujours pas et après un moment de silence il dit simplement:

„Voyons ce qui vient. Dans un an je serais de nouveau sur ce banc. Si vous voulez venez aussi et on parlera de nouveau.“

Puis le pauvre se lève sans dire un autre mot.

Pendant l’année prochaine, le monde économique était tremblé par une terrible crise économique. Beaucoup de grandes entreprises étaient en faillite et les boulots étaient devenus rares. Sur le même banc, devant lequel court toujours le même fleuve, est assis de nouveau le pauvre. Il porte toujours des vêtements déchirés, il n‘ a pas changé. Un deuxième homme se rapproche de lui, il lui ressemble beaucoup, avec des vêtements déchirés comme lui et des cheveux négligés. Il s’assied aussi et pour un instant il y a silence. Soudainement le pauvre demande au maintenant aussi pauvre deuxième homme:

„Est-ce que la tempête était trop forte pour vous?“

Le deuxième pauvre ne dit rien.

„Vous voyez, pour moi rien a changé. Je me suis courbé encore un peu plus dans le vent mais vous, vous étiez déraciné par la tempête. Il n’y a pas de vainqueurs dans ce système économique, nous sommes tous les joujoux du marché. Le capital est un veau d’or qui profite seulement à ses propriétaires. Maintenant il ne vous appartient plus et vous vous retrouvez avec la véritable majorité.“

Le premier pauvre se lève et s’en va sans dire un autre mot.

Copyright 2013 Tom Weber

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